Que sortent dans la rue celles et ceux qui ne l’ont jamais fait !

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Que sortent dans la rue celles et ceux qui ne l’ont jamais fait !

Adrien Quatennens – 19/09/2017

Une élection pour rien

J’écris ces quelques mots alors que démarre une semaine décisive pour le pays. Son avenir proche dépend de la volonté du Peuple français à instaurer un rapport de force avec le Président de la République, son gouvernement et sa majorité et sa capacité à leur résister. Car oui, il y a un nouveau Président de la République ! Il n’est pas impossible que cela vous ait échappé tant le climat dans le pays est celui d’une interminable continuité. La morosité ambiante et la colère qui monte donnent au début du quinquennat d’Emmanuel Macron des allures de fin de règne de François Hollande. C’est comme si l’élection présidentielle n’avait absolument rien réglée. En témoigne la chute vertigineuse entamée dans l’opinion par le Président de la République. Elle ne tient pas à une erreur de communication, de calendrier ou de pédagogie comme d’aucuns se plaisent à le croire. Elle tient à quelque chose de bien plus profond qui signale le début d’une rupture : les français-e-s commencent à comprendre. Ils commencent à comprendre qu’un changement d’étiquetage ne vaut pas changement de ligne politique et encore moins de leur quotidien. Ils commencent à comprendre qu’entre un Sarkozy revendiqué de droite, un Hollande revendiqué de gauche et un Macron revendiqué du dépassement du clivage gauche/droite, il y a d’abord et avant toute un ample socle idéologique commun. Je le quantifie entre 70 et 80%. En effet, aucun de ces trois là ne remet en cause le productivisme. Aucun de ces trois là ne remet en cause la politique de l’offre. Aucun de ces trois là ne remet en cause l’ordolibéralisme européen. La liste peut ainsi s’allonger mais on peut s’arrêter là pour comprendre que dès lors, ils ne peuvent faire que foncièrement la même chose moyennant quelques réformes que l’un ou l’autre n’aurait pas faites. Avec les mêmes ingrédients sur la table, il reste à chacun d’eux la liberté de choisir les condiments, régler le mode de cuisson et le thermostat à leur guise mais les nouilles au gratin restent les nouilles au gratin ! Les mêmes politiques produisent les mêmes effets. Loin d’accoucher de la prospérité au bénéfice de toutes et tous, les recettes libérales ont engendré la montée du chômage et des inégalités. Les quinquennats passent et se ressemblent, la feuille de route est celle du MEDEF qui, loin de faire de la France la championne de l’emploi fait d’elle la championne d’Europe des dividendes versés aux actionnaires. Ainsi donc les français-e-s, de bonne foi, fournissent sans cesse les efforts qu’on attend d’eux, croyant que c’est en se serrant la ceinture qu’on finit par retrouver son poids de forme et qu’après la pluie viendra nécessairement le beau temps. Résultat : seule une stricte minorité voit le soleil. En définitive et par effet de répétition d’un scénario déjà joué, cette élection présidentielle aura clarifié les rôles : Le Pen passe les plats, les autres cuisinent des nouilles au gratin. La France Insoumise, elle, propose de changer de cuisine.

Un Coup d’Etat Social 

Le 23 Septembre à 14h00 à Paris, la Bastille, se tiendra une grande marche contre le Coup d’Etat Social d’Emmanuel Macron. Stupeur et fausse pudeur dans les rangs de la majorité : « Coup d’Etat quoi ?! » « Mais quelle violence de la part de Mélenchon et ses amis ! » ou encore « Vénézuelaaaaa ! ». Ici les plus violents ne sont pas ceux qui en ont l’air ! Pendant que nous appelons à des manifestations de masse, pacifiques, ordonnées, c’est bien la majorité et sa mine innocente de société civile qui porte un projet d’une violence sociale inouïe ! Ordonnances travail, préférence assumée pour les riches, application provisoire de l’antidémocratique traité de libre-échange CETA… Macron va « vite et fort ». Il sait qu’il doit agir ainsi pour ne pas succomber à la fragilité qui est la sienne et qu’il connaît. Ainsi donc, il dit depuis l’étranger que les français-e-s « n’aiment pas les réformes » ou encore qu’il ne cédera rien « ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes » (Comprendre ceux qui s’opposent à la politique qui est la sienne). Souvenez-vous, Fillon voulait la guerre éclair ! Ce fameux Blitzkrieg, Macron l’opère. C’est la combinaison de la violence sociale qui est à l’oeuvre et de l’absence de majorité dans le pays pour la mener qui permet de dire qu’il s’agit, en plus, d’un Coup d’Etat Social. Car si nous ne remettons pas en cause la légitimité d’Emmanuel Macron comme Président de la République (il a été élu démocratiquement, comme sa majorité), il est faux de dire qu’il avait annoncé tout ce qu’il est en train de faire et qu’il dispose d’une adhésion populaire pour le faire. Par exemple, personne ne connaissait précisément au moment de son élection le contenu qu’il souhaitait pour les ordonnances travail malgré quelques fuites dans la presse. De même et pour ne prendre qu’un seul autre exemple, Emmanuel Macron n’avait pas annoncé son programme concernant les contrats aidés dont la suppression, quoi que l’on pense de la nature de ces contrats, constitue le plus grand plan social de tous les temps avec 260 000 emplois de moins d’ici à la fin de l’année 2018 ! Enfin, et c’est sans doute le plus grave, Emmanuel Macron agit comme s’il avait oublié le contexte de son élection. Il a été élu dans un océan d’abstention et dans un duel face à Marine Le Pen. Chacun sait donc que son élection n’est pas le fruit d’une adhésion à un projet. Les études d’opinion l’ont d’ailleurs bien montré. Beaucoup de français-e-s se sont abstenu-e-s. Ceux qui ont voté Macron n’ont pas voté pour la casse du Code du Travail, ni pour la préférence pour les riches, ni pour l’application du CETA, ni pour la baisse des APL, ni pour la fin des contrats aidés etc… L’écrasante majorité a voté contre Marine Le Pen. Seuls lui et les siens font semblant de l’ignorer. Pire, ils avancent sans tenir compte de ce paramètre premier. Une fois au pouvoir, Macron a donc engagé un bras de fer avec les français-e-s. Macron est là pour servir les intérêts de ceux qui l’ont fabriqué et soutenu. Il est leur dernier Joker. Ils savent qu’avec lui, ils doivent rafler la mise. C’est leur dernière chance. C’est la raison pour laquelle, si nous les laissons passer, ils ne s’arrêteront plus. Les invectives de Macron contre « les fainéants » sonnent comme un cri de ralliement pour l’assaut final. Macron est notre Thatcher. Si le Peuple français ne se dresse pas contre lui, il lui passera sur le corps. Les français-e-s doivent donc se faire un devoir de descendre dans la rue pour lui rappeler ce qu’ils ont voulu dire avec leur abstention et leurs bulletins de vote.

Macron, le président des riches 

Emmanuel Macron est le Président des riches. En rupture avec la logique de l’impôt sur le revenu progressif qui date de 1914, il procède à la création d’un prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital de 30%. C’est une baisse d’impôt de plus de 4 000 euros en moyenne pour les 1% les plus riches. Cela représente un coût de 4 milliards d’euros, soit l’équivalent de l’ouverture de 115 000 places en crèche ! Prenons un exemple au hasard pour illustrer l’aubaine que représente ce prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital : le cas Pénicaud ! Rappelez-vous de ces révélations du journal l’Humanité, en plein débat sur la loi Travail et juste avant la moralisation de la vie publique, selon lesquelles lorsqu’elle était DRH chez Danone, l’actuelle Ministre du Travail Muriel Penicaud avait empoché 1,13 millions d’euros en une journée par la levée de ses stock-options (plus-value équivalente à 80 années de SMIC, réalisée en une journée après une forte augmentation du cours de bourse, elle-même successive à l’annonce de 900 suppressions de postes chez Danone). Avec les règles actuelles, sur cette plus-value, Muriel Penicaud aurait payé 616 125 euros d’impôts. Avec la réforme Macron du prélèvement unique à 30%, Muriel Penicaud n’aurait plus qu’à payer 333 900 euros, soit une économie réalisée de 278 225 euros. Les boursicoteurs remercient qui ? Mais Macron ne s’arrête pas là, il va également procéder à la suppression de l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF) sur les portefeuilles financiers pour le recentrer uniquement sur l’immobilier. Or, plus les personnes sont riches, plus la part de leur patrimoine financier est élevée. Les 0,1% les plus riches (28 000 foyers) ont en moyenne 14 millions d’euros de patrimoine financier. Pour eux, ce recentrage de l’ISF correspond à une réduction d’impôts de 170 000 euros par an. La mesure coûte 3 milliards d’euros soit l’équivalent de l’embauche de 60 000 enseignants ! La moitié des baisses d’impôts de Macron profiteront aux 10% les plus riches. Ce n’est pas tout : Pour les entreprises, le gouvernement supprime la taxe sur les dividendes de 3%. Quand on sait que la France est record d’Europe des dividendes versés aux actionnaires, il n’y a pas de petites économies chez ceux qui en profitent ! Dans le même temps, Emmanuel Macron va imposer de 30% à partir du 1er Janvier les intérêts des nouveaux PEL que vous pourriez ouvrir et le taux de votre éventuel livret A sera maintenu à un niveau inférieur à l’inflation pendant deux ans, c’est-à-dire que les détenteurs perdront de l’argent ! C’est le même Emmanuel Macron qui baisse de 5 euros les aides personnelles au logement alors qu’un allocataire de l’APL sur deux a un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté et que pour les 10% des ménages les plus pauvres, l’APL représente un cinquième du niveau de vie et qu’il est établi qu’une baisse des APL n’a aucun effet de baisse des loyers. Quant à la baisse des cotisations sociales compensée par une hausse de la CSG, il est nécessaire de rappeler que la baisse des cotisation profitera le plus à celles et ceux qui sont les mieux payés alors que la hausse de la CSG, elle, touchera tout le monde de la même manière. Parmi les salariés, cette réforme sera donc favorables aux plus riches. Les retraités, qui eux ne payent pas de cotisations sociales, seront les grands perdants de la hausse de la CSG. Que vous croyez ou non aux contes de fées ou à la théorie du ruissellement qui veut que plus il y a de l’argent dans les poches des riches, plus il y a de chances qu’il en tombe entre vos mains, Macron assume son rôle d’anti Robin des Bois, qui prend aux pauvres pour donner aux riches.

Ordonnances : une déclaration de guerre sociale 

La présentation des ordonnances-travail par Edouard Philippe et Muriel Penicaud a mis fin à un faux suspense. Si, de par sa nature, le projet de loi d’habilitation à légiférer par ordonnances était flou, le périmètre sur lequel le gouvernement pouvait agir était lui suffisamment clair pour que notre imagination ne nous fasse pas défaut. Sans surprise donc, les ordonnances constituent le nouvel habillage pour poursuivre les politiques de flexibilisation accrue du marché du travail. Plus vite et plus fort. Le gouvernement a beaucoup communiqué sur la concertation avec les syndicats et le respect de la démocratie parlementaire. Mais derrière les artifices de communication, la réalité est qu’entre les intentions initiales et les ordonnances sur lesquelles on aboutit, il n’y a pas de changement significatif sinon des précisions qui durcissent le texte, comme par exemple sur le périmètre d’appréciation d’une difficulté économique pour justifier de licenciements ainsi motivés. Quant aux syndicats, et comme l’indiquait l’un d’entre eux, ils semblent avoir été beaucoup écoutés sans pour autant avoir été entendus. Pour les parlementaires, c’est idem. Même si ce fût dans un temps record et dans des conditions que nous avons déplorées, nous avons été écoutés. Mais il n’y avait objectivement aucune chance que nos arguments, même les plus rationnels, n’atteignent le verrou constitué par la majorité. Les choses ont été conçues pour que le gouvernement n’en fasse qu’à sa tête tout en donnant l’illusion d’un débat. Macron est un illusionniste de premier choix ! A l’arrivée, les syndicats sont à minima « déçus » quand ils ne sont pas vent debout contre ces ordonnances. Il n’y a rien à garder dans ces ordonnances. Nous ne nous y opposons pas par amour de la contestation. Nous nous y opposons par raison. En effet, si Emmanuel Macron innove par la méthode en passant par ordonnances là où Valls était passé par 49.3, le contenu de sa réforme n’a absolument rien de novateur. Avant les ordonnances, il y eût la loi El Khomri, la loi Macron, la loi Rebsamen etc… Cela fait plusieurs quinquennats qu’en dépit des changements d’étiquetage politique, la feuille de route du MEDEF est suivie aveuglément en matière d’emploi. C’est l’idée que le chômage de masse serait le fruit d’un manque de flexibilité et d’un « coût du travail » trop élevé et qu’il faudrait donc, pour le juguler, s’attaquer aux droits des travailleurs. La réalité est ailleurs : Ce n’est pas le droit du travail qui dicte la politique d’embauche mais bien le niveau de l’activité. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la France Insoumise propose un Code du Travail réellement protecteur et émancipateur ainsi qu’une relance de l’activité sur des bases socialement utiles et écologiquement soutenables. En attendant, les politiques appliquées ne créent pas d’emploi ou alors de l’emploi précaire. En revanche, elles participent à l’enrichissement toujours plus important des actionnaires. Avec ces ordonnances, les accords d’entreprise et les accords de branche vont pouvoir contribuer à la multiplication des Codes du Travail, le nombre de renouvellements possibles du CDD sera confié à la branche (il y a plus 700 branches !), la représentation du personnel sera affaiblie ou contournée notamment grâce à la fusion des instances représentatives du personnel (signant au passage la disparition des CHSCT que Muriel Penicaud préconisait de renforcer dans un rapport daté de 2010), les licenciements seront facilités, les rémunérations pourront être diminuées, un employeur pourra connaître à l’avance le montant maximum des dommages et intérêts aux Prud’hommes s’il procède à un licenciement abusif, le CDI de chantier (nouveau contrat précaire) n’aura de CDI que le nom… Bref, c’est le monde rêvée de Madame Penicaud, celui où l’employeur et le salarié sont par nature bons amis et « dialoguent socialement » dans des conditions toujours optimales. Les bisounours DRH nous guettent. La précarité aussi. Les femmes seront plus particulièrement touchées par ces ordonnances. D’abord parce qu’elles sont plus souvent concernées par les contrats précaires, mais aussi parce que la négociation au sein de l’entreprise peut instaurer un rapport de force qu’il leur est défavorable. Pour résumer ces ordonnances, elles ont pour objectif inavoué le remplacement du chômage de masse par la précarité de l’emploi. C’est un programme. Nous en avons un tout autre, plus ambitieux et plus enthousiasmant. Mais il faut d’abord et avant tout barrer la route à cette régression massive, ce bond en arrière sans précédent qui va fragiliser l’ensemble des salariés.

CETA : Hulot a piscine ! 

Le 21 Septembre avec l’accord d’Emmanuel Macron mais sans vote des Parlements nationaux, va s’appliquer « provisoirement » le CETA, traité de libre-échange entre le Canada et l’Union Européenne. Sur le même modèle que le projet TAFTA entre les Etats-Unis et l’Union Européenne, le CETA a pour objectif de faciliter les échanges commerciaux et prévoit des normes communes entre les deux zones concernées. L’objectif visé étant la fluidité des échanges, il est clair que l’harmonisation ne se fait pas par le bout le plus exigeant socialement et écologiquement. Qu’adviendra-t-il du principe de précaution appliqué en Europe qui veut que l’on étudie précisément les impacts d’un produit avant de le mettre sur le marché et qui ne s’applique pas au Canada ? Une étude commandée par l’ONG Foodwatch à des juristes démontre que le principe de précaution risque d’être remis en cause par le CETA. Le Canada est le cinquième producteur mondial d’OGM, il commercialise du saumon transgénique. On va se régaler ! Le CETA créé un tribunal spécifique pour les investisseurs : le tribunal d’arbitrage privé et sans contrôle démocratique. Si des multinationales considèrent que des politiques nationales font obstacle à leurs intérêts, elles pourront attaquer les Etats et les contraindre à payer des amendes. Ce sera par exemple possible pour les entreprises américaines présentes en Europe qui ont une filiale au Canada. Côté services publics, le CETA instaure le principe de la « liste négative » : les parties s’engagent à libéraliser tous les secteurs sauf ceux qui sont explicitement mentionnés. La création d’un nouveau service public ou le retour d’un service dans le giron public deviendront particulièrement difficiles. Deux économistes américains ont travaillé sur les conséquences économiques du CETA et ils prévoient 230 000 suppressions d’emplois dont 200 000 en Europe. Selon eux, la France serait l’un des pays les plus touchés d’Europe avec 45 000 emplois en moins. Le CETA est un accord climaticide. Par le grand déménagement du monde qu’il organise, il procède à une forte augmentation des émission de gaz à effet de serre. L’application du CETA enterrerait l’accord de Paris de la COP 21. Tout cela est en passe de se produire dans un assourdissant silence médiatique. Pas vu, pas pris. A l’heure qu’il est et depuis 2016, la fondation Nicolas Hulot continue, comme beaucoup d’opposants à ces traités de libre-échange, de faire circuler une pétition pour demander à Emmanuel Macron de refuser le CETA. La fondation de Nicolas Hulot est en pointe dans la lutte contre cet accord qu’elle qualifie avec raison de « climaticide et anti-démocratique ». Nicolas Hulot, désormais devenu Ministre d’Etat de la transition écologique et solidaire et qui se dit garant de l’accord de Paris est aux abonnés absent sur ce sujet essentiel. Hier, à l’occasion de la présentation de son plan de mesurettes incitatives, il déclarait à Libération à propos du CETA : « Le traité entrera en vigueur provisoirement, avant que les pays de l’UE ne l’aient ratifié, avec ces garde-fous. Je ne peux pas dire que cela me réjouisse, mais il y a des engagements qui ont été pris vis-à-vis du Canada par le gouvernement précédent. » Ci-gît la parole de poids d’un Ministre d’Etat !

Précipiter la rupture avec le consentement au désordre organisé 

La vitesse et la force employées ainsi que la nature des réformes engagées par Emmanuel Macron constituent un arsenal déployé pour lancer l’assaut final contre l’ordre social du pays. Si Emmanuel Macron mène à bien son travail de sape, le pays opèrera un bond en arrière qui anéantira plus d’un siècle de luttes sociales qu’ont menées les générations qui nous ont précédés. Le tout pour nourrir les appétits sans borne d’une stricte minorité qui fait la pluie et le beau temps dans ce pays pendant que de plus en plus de français-e-s subiront la précarité quotidienne qui gagne chaque jour du terrain dans le travail comme en dehors. Nous avons le devoir de nous élever contre cette régression inutile et dangereuse. Celles et ceux qui ont bien saisi les dangers des ordonnances travail et des politiques que mènent Emmanuel Macron doivent les expliquer partout autour d’eux. Nous devons faire progresser la conscience et la compréhension dans le pays, à tous les étages. La mobilisation du 12 septembre à l’appel des syndicats a été une réussite. Loin du baroud d’honneur annoncé par les commentateurs, nous étions largement au niveau des premières manifestations de l’an dernier contre la Loi El Khomri.  Les médias ont installé la petite musique de la concurrence entre les initiatives syndicales et politiques. Loin d’être concurrentes, les initiatives à venir se complètent et s’additionnent. Toutes les mobilisations syndicales, comme c’est le cas de celle du 21 Septembre, doivent faire l’objet de notre renfort et de notre plus grand soin. De nouvelles initiatives dans de nombreux secteurs de la société sont prises pour les jours suivants comme la grève des routiers le 25 Septembre. La grande marche du Samedi 23 Septembre contre le Coup d’Etat Social est à l’initiative de La France Insoumise mais elle ne nous appartient pas. En tant que mouvement politique, nous venons au renfort des syndicats lorsqu’ils appellent à manifester comme c’est le cas en semaine. Mais il nous a semblé qu’il nous fallait prendre une initiative un Samedi afin que tout le monde puisse s’en emparer. En effet, nous affirmons qu’il n’y a pas que les 18 millions de salariés du privé concernés par les ordonnances qui doivent se mobiliser, mais le Peuple tout entier, y compris les personnes en formation, en recherche d’emploi, les retraités etc… Tout le monde s’intéresse à la manière dont nous organisons le travail dans le pays. Il s’agit aussi de réaffirmer à Macron qu’il n’a pas le soutien des français-e-s pour mener une telle politique. Ainsi, la marche du Samedi 23 Septembre à Paris contre le Coup d’Etat Social de Macron appartient à celles et ceux qui s’en saisiront. Elle peut être un franchissement de seuil dans la mobilisation. Des bus partiront de toute la France et les actions se multiplient pour préparer cette journée. Oui, nous pouvons venir à bout de ces ordonnances et de la politique d’Emmanuel Macron. Pour cela, notre tâche immédiate est de créer les conditions pour que tout le monde passe à l’action. Il faut donc expliquer, décrypter et argumenter sans relâche. Ensuite, il faut rassurer et accompagner celles et ceux qui ne sont pas habitués à la mobilisation afin qu’ils trouvent toute leur place dans nos cortèges. Soyons bienveillants, donnons à voir de l’enthousiasme, des slogans positifs et conquérants qui indiquent la direction que nous souhaitons prendre tout en signifiant à Macron que nous ne lui céderons pas un pouce. De nombreux français sont inquiets mais ne descendent pas dans la rue parce qu’ils pensent que c’est vain ou voient cela d’un mauvais oeil ou tout simplement parce qu’ils n’en ont pas les moyens. Combien de cadres en entreprise, par exemple, sentent désormais plus que jamais que le danger les concernent eux aussi mais n’ont pas l’habitude de la mobilisation qu’ils ont toujours préférer rejeter par principe ? Par l’argumentation, chaque jour autour de nous, nous devons déconstruire méthodiquement la chaine du consentement à ce qui n’est qu’un grand désordre organisé. Faites-le avec vos collègues, par delà les hiérarchies, vos amis, vos familles ! Bousculez les censures, impulsez les débats, mettez en cause les certitudes ! Emparez-vous de ces sujets ! Il est grand temps que sortent dans la rue celles et ceux dont ce n’est pas l’habitude ou qui ne l’ont jamais fait pour grossir les cortèges qu’organisent les premiers de cordées. Que l’on vienne en manifestation en famille et même avec les poussettes dans la rue, que l’on se serre les coudes ! Tous, nous y avons un intérêt commun : A cette heure, c’est bel et bien l’intérêt général qui est en jeu. Ce bras de fer que Macron a engagé, nous pouvons le gagner. Plus exactement, nous le devons. Nous devons faire cette démonstration car c’est à cette condition que le Peuple français regagnera confiance en lui. Dès lors, s’ouvre un autre champ des possibles. Nous sommes prêts à en assumer les responsabilités.

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