Audition de M. Dominique Martin, directeur général de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM)

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J’ai participé ce matin en Commission des Affaires Sociales à l’Assemblée Nationale à l’audition de M. Dominique Martin, directeur général de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Voici mon intervention :
 
« Madame la Présidente, Monsieur le directeur,
 
La France se distingue par sa consommation de médicaments qui est parmi les plus élevées au monde (anxiolytiques et antibiotiques notamment). Cela provient de la prééminence du soin sur la prévention (nous en avons parlé hier avec la Ministre) et des stratégies commerciales des laboratoires pharmaceutiques. Les prescriptions médicales en France contiennent davantage de produits que dans les autres pays, avec notamment une part plus élevée de médicaments récents et couteux, pas toujours plus efficace que des produits plus anciens.
 
Cette situation ne profite qu’à l’industrie pharmaceutique et menace même la santé de la population en alimentant l’antibiorésistance (on consomme deux foix plus d’antibiotiques en France qu’en Allemagne) ou en autorisation la mise sur le marché de médicaments dangereux, prescrits pour des usages non prévus, comme dans le scandale du Médiator.
 
Il est urgent de remettre à plat un circuit du médicament aujourd’hui sous l’influence des laboratoires pharmaceutiques.
 
Aussi, je souhaiterai votre avis sur les propositions que nous portons avec La France Insoumise, à savoir :
 
La création d’un véritable pôle public du médicament chargé des activité de recherche et de production de médicaments jugés essentiels. Il s’appuierait notamment sur la pharmacie centrale des hôpitaux et la pharmacie centrale des armées. Ce pôle garantirait l’indépendance de la recherche et de l’expertise dans le domaine du médicament tandis que la fabrication de médicaments par une entité publique permettra d’verser le rapport de force entre la puissance publique et l’industrie pharmaceutique.
 
La création d’un dispositif de formation continue de qualité des produits de santé, obligatoire pour l’ensemble des professionnels de santé.
 
Nous souhaitons interdire la publicité sur les médicaments
 
La réorganisation des entités chargées de la régulation de la chaine du médicament et de la fixation de leur prix, qui manquent de moyens et sont marquées par de multiples conflits d’intérêts. Des experts indépendants devraient garantir une évaluation transparente et rigoureuse des produits. L’accent devrait aussi être mis sur la surveillance en vie réelle des produits de santé.
 
En bref, nous pensons que le médicament n’a pas vocation à entretenir les taux de profits de l’industrie pharmaceutique. Nous souhaitons des médicaments au service de l’intérêt général. « 

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